À quelques pas seulement du grand musée, s’élève la demeure d’un ancien maître verrier.
Ce n’est pas une simple maison, mais un coffret de pierre et de souvenirs, veillant sur les secrets d’un artisan qui savait, dit-on, emprisonner les reflets de l’aurore dans le sable brûlant.
Pour y accéder, il faut emprunter un sentier qui semble avoir été tracé par la main d’un enchanteur. Sous les pas du visiteur, mille et un éclats de verre turquoise ont été semés avec une délicatesse infinie, comme cristallisés au sol.
Chaque petit caillou translucide capture la moindre caresse du jour, changeant de nuance selon l’humeur des nuages : tantôt bleu lagon, profond et mystérieux, tantôt azur pâle, presque éthéré. Ces fragments ne sont plus de simples débris de verre ; ils sont devenus des gemmes de légende, des pierres précieuses offertes à la terre pour guider les rêveurs jusqu’au seuil de la porte, comme si la maison elle-même murmurait encore les chants du feu et du souffle qui l’ont bâtie.
Hugo Laruelle
Cette invitation à offrir une carte blanche à l’artiste plasticien, Hugo Laruelle, est née d’une rencontre entre l’artiste, résidant et travaillant à Beugnies, commune voisine de Sars-Poteries, et l’équipe du MusVerre, avec l’ambition d’apporter un nouveau regard sur ses collections et de faire dialoguer les disciplines du verre et de la peinture.
En écho à l’exposition Enchanté, la fabrique des histoires, Hugo Laruelle s’empare de l’espace L’échappée pour proposer une immersion dans son univers poétique et légendaire, peuplé entre autres de fleurs et d’oiseaux des quatre coins du monde.
C’est à partir de la figure de la maison, qu’il entend comme un motif symbolique et un espace mental, qu’il imagine son installation en dialogue avec l’architecture du musée. Elle convoque un imaginaire lié à la notion d’habitation, à la mémoire et à la porosité entre intérieur et extérieur. My palace full of sand envisage la maison comme une membrane vivante et instable plutôt que comme un abri clos et invite à habiter un mystère, selon les mots de l’artiste : « celui d’un espace qui est à la fois notre refuge le plus profond et le labyrinthe de nos pensées les plus vastes ».